D'après l'ONG France Terre d'Asile, quelque 200 mineurs ont quitté cette semaine la "Jungle" de Calais pour le Royaume-Uni dont plus d'un quart au nom de la vulnérabilité.
Près de 200 mineurs ont quitté la "Jungle" de Calais pour la Grande-Bretagne au cours de la semaine dont plus d'un quart au titre de la vulnérabilité, a indiqué dimanche
Sur les 194 mineurs au total qui ont quitté Calais dans la semaine pour regagner la Grande-Bretagne, "141 ont pu bénéficier de la réunification familiale et 53 mineurs, des jeunes filles exclusivement, ont été transférées, samedi, au titre de la vulnérabilité", a précisé dimanche 23 octobre Pierre Henry, le directeur général de France Terre d'Asile.
Dimanche, 39 enfants et adolescents ont quitté la "Jungle" dont 22 filles, tous dans le cadre de la réunification familiale, a-t-il ajouté.
La réunification familiale est utilisée dans le cadre de la procédure européenne de Dublin qui prévoit, dans le cas des mineurs, que le pays compétent pour la demande d'asile soit celui où le mineur possède de la famille. L'amendement Dubs permet lui un transfert au nom de la vulnérabilité et non pas des liens familiaux, les mineurs accueillis au titre de cette disposition étant appelés "Dubs kids" en Grande-Bretagne.
Selon un récent recensement fait par France Terre d'Asile, près de 1.300 mineurs s'entassent dans la "Jungle" de Calais dont le démantèlement doit commencer demain lundi 24 octobre à 8 heures. 500 d'entre eux ont affirmé avoir de la famille en Grande-Bretagne.
De leur côté, les tabloïds britanniques font enfler la polémique autour de l'arrivée de ces jeunes migrants et leur âge, le Sun, quotidien le plus vendu outre-Manche, ayant notamment affirmé qu'un Afghan de 38 ans s'était glissé parmi les mineurs.
Et les majeurs dans tout ça ?
En outre, les services de l'État ont commencé dimanche après-midi à informer officiellement les migrants de la "Jungle" de l'imminence de son démantèlement, qui doit donc débuter lundi matin.
Des représentants de plusieurs de ces services se sont rendus dans le centre d'accueil provisoire, le CAP, des conteneurs installés au milieu de la "Jungle", pour préciser les modalités de cette énorme opération, qui doit vider le campement de ces 6.400 à 8100 habitants, selon les comptages.
Vendredi, l'arrêté d'expulsion de la préfecture avait déjà été placardé dans plusieurs points du camp. Mais dimanche, l'information s'est intensifiée avec la distribution de flyers aux migrants. Écrits en plusieurs langues, ces flyers indiquent notamment comment se rendre au hangar situé à quelque 300 m du campement, d'où partiront lundi les cars à destination de plusieurs centres d'accueil et d'orientation, les CAO, en France. Les migrants recevaient également des bandes dessinées expliquant le dispositif des CAO.
Cette distribution, qui doit durer tout l'après-midi et être étendue au centre d'accueil Jules-Ferry, est effectuée par des membres de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), de la Vie active, association mandatée par l'État pour gérer le centre d'accueil provisoire (CAP) et le centre d'accueil Jules-Ferry, et de l'Audasse, autre structure soutenue par l'État.
Les migrants doivent se rendre dès 8 heures lundi devant ce hangar, un sas qui sera ouvert tous les jours de 8 heures à 20 heures. À l'extérieur seront organisées quatre files d'attente bien identifiées : pour les majeurs, pour les mineurs sans famille, pour les familles et pour les personnes vulnérables (malades, femmes enceintes...).
"On leur dit que le départ, c'est demain a partir de 8 heures", indique un salarie d'Audasse. "On leur confirme qu'il faut se tenir prêts pour demain", ajoute Serge Szarzyncki, directeur de la cohésion départementale.
Iacub, un Soudanais de 20 ans, assure qu'il est au courant : "j'y serai a 7 heures" dit-il. Karhazi, un Afghan, lui, ne veut pas partir. "On le sait tout ça. Il faudra nous forcer pour partir. Nous on veut aller en Grande-Bretagne. Pourquoi n'y a t-il rien de prévu pour les majeurs?", lance-t-il.

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