Une partie de la rédaction d'iTélé est en grève depuis lundi en raison de l'arrivée de Jean-Marc Morandini à l'antenne malgré les soupçons qui pèsent sur lui. Et samedi des journalistes ont constaté que leurs affaires avaient été "déménagées" pour faire de la plce aux collègues de Direct Matin, sans qu'ils en soient avisés.
Direct Matin, également média appartenant à Vincent Bolloré, fait une arrivée remarquée dans les locaux d'iTélé. En effet, après plusieurs jours de grève, les journalistes de la chaîne d'info en continu du groupe Canal+ ont constaté que dans une partie de leurs bureaux, on avait fait place nette pour installer la rédaction du gratuit du groupe.
Une partie de la rédaction d'iTélé a aussi découvert l'installation sur la façade de la chaîne d'une nouvelle enseigne, "news factory", nom que Vincent Bolloré entend donner à son pôle info, qui a toutefois été rapidement retirée, après le décrochage accidentel de plusieurs lettres, d'après des témoins.
Ces incidents ont fait monter la tension, à deux jours d'une nouvelle assemblée générale, qui doit décider de la poursuite du mouvement de grève sans précédent au sein de la chaîne d'info de Canal+, déclenché par l'arrivée à l'antenne de Jean-Marc Morandini malgré sa mise en examen pour "corruption de mineur aggravée". "C'est vraiment n'importe quoi", a déclaré un membre de la rédaction, s'insurgeant que "des affaires de salariés aient été mises à la poubelle" lors du déménagement.
"Faire ça en pleine grève, on le vit comme une provocation", a renchéri une autre journaliste, s'indignant que ce déménagement ait lieu alors que "le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) n'a pas rendu d'avis". "C'est fait à la va-vite, c'est consternant", a-t-elle dénoncé.
Un "démarrage un peu précipité"
Des photos de ce déménagement ont été postées sur le compte Twitter des grévistes, @greve_i, de même que des clichés montrant l'arrivée des pompiers à la suite du décrochage accidentel de lettres de l'enseigne "news factory". L'incident a finalement entraîné le retrait de toute l'enseigne, un tweet montrant les lettres blanches posées au sol sous le titre "la 'news factory' à terre".
La direction a assuré que les déménageurs "n'avaient pas l'instruction de mettre les affaires de qui que ce soit à la poubelle", et qu'ils "s'étaient trompés", reconnaissant que le déménagement avait démarré "trop tôt". "Les gens qui vont bouger seront informés à partir de lundi, il y a eu un incident ce weekend concernant les affaires de six ou sept personnes, lié au démarrage un peu précipité de l'opération de déménagement", a ajouté la direction. Quant au décrochage des lettres, il s'agit d'un "incident regrettable", lié à une "erreur de fixation de la part du prestataire".
Les salariés d'iTélé ont décidé massivement vendredi de reconduire leur grève jusqu'à lundi et réclamé au gouvernement la nomination d'un médiateur pour sortir du blocage. Le ministère de la Culture ne s'était samedi toujours pas exprimé sur cette demande.

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