100 000 chômeurs de catégorie A de moins en un an : François Hollande a remporté son pari en termes d’affichage politique. Car la réalité est bien plus nuancée. Depuis le début du quinquennat, Pôle emploi compte 25 % d’inscrits en plus sur ses listes. Et les moins bien lotis sont toujours plus exposés.
Pari gagné pour François Hollande ? Les derniers chiffres mensuels du chômage, publiés par Pôle emploi ce jeudi 24 novembre, devraient lui permettre d’annoncer que sa promesse a été tenue. Sa fameuse promesse, faite sur le plateau du 20 heures de TF1 le 9 septembre 2012, et répétée lors de ses vœux du 31 décembre : « Inverser la courbe du chômage » en un an.
Avec les résultats pour le mois d’octobre tout juste annoncés, Hollande a de quoi se réjouir. Enfin, l’inversion de la sacro-sainte courbe est là : le nombre total des demandeurs d’emploi (catégories A, B et C) en France métropolitaine a baissé pour la première fois depuis le début du quinquennat, d’un tout petit 0,4 % sur un mois. Mais alors que le président de la République doit annoncer au plus tard le 15 décembre s’il sera candidat à sa réélection, le sujet mérite que l’on s’y arrête avec attention. Et au-delà d’une lecture rapide des chiffres, les faits ne sont guère en faveur du président, contrairement au discours qu’il ne devrait pas manquer de développer ces prochains jours.
Car si le nombre de chômeurs est bien en baisse, le président et son gouvernement n’ont pas vraiment de quoi pavoiser au-delà de ce début de dynamique : quelle que soit la catégorie ou la population concernée, les chômeurs sont plus nombreux aujourd’hui qu’au début du quinquennat. Et les populations les plus fragiles (seniors, Français les moins qualifiés, chômeurs de longue durée, etc.) sont davantage touchées qu’en 2012. Explications.
- LE NOMBRE DE DEMANDEURS D'EMPLOI DIMINUE TROP PEU
Aujourd’hui, on ne note qu’une très légère décrue du chômage. Cette baisse devient nette si et seulement si on ne s’attache qu’au chiffre le plus mis en avant par Pôle emploi, et les responsables politiques : celui des demandeurs d’emploi de « catégorie A », ces Français qui cherchent un emploi et n’ont pas du tout travaillé au cours du mois. En février 2016, au plus haut de la courbe, ils étaient 3 591 000. En octobre 2016, ils étaient 3 478 800. Après des mois de progression erratique, tantôt à la hausse, tantôt à la baisse, le bilan est désormais bon : une baisse de 11 700 inscrits en octobre, et de 100 000 en un an (– 2,8 %). « Cette baisse significative, inscrite dans la durée, est la plus forte enregistrée depuis plus de huit ans », n’a pas manqué de souligner la ministre du travail Myriam El Khomri.
Il y a un mois, dans un long post sur Facebook, François Hollande saluait la baisse des chômeurs de catégorie A, un mouvement qu’il qualifiait de « général », et soulignait que « se confirme une tendance installée depuis le début de l’année ». En fait, quoi qu’en dise le président, cette tendance est loin d'être stabilisée. Les évolutions récentes ne doivent pas faire oublier qu’en mai 2012, ils n’étaient « que » 2 922 800 chômeurs de catégorie A. Depuis le début du quinquennat, ils ont donc augmenté de 556 000, une hausse de 19 %.
En mai 2012, 4 603 400 personnes étaient inscrites en catégorie A, B, C ou D. En octobre 2016, elles étaient 5 785 000, soit 25 % de plus (pour rappel, seule la moitié des inscrits à Pôle emploi touche une indemnisation). Et lorsqu’on regarde l’ensemble de ces catégories, l’inversion de la courbe est récente, et plus que ténue : le pic pour l’ensemble de ces quatre catégories a été enregistré en août 2016, à 5 843 400 personnes.
- SENIORS ET MOINS QUALIFIÉS : TOUJOURS PLUS EXPOSÉS
Le chômage est loin de toucher toutes les catégories de la population de la même manière. Sans surprise, ce sont les populations les plus fragiles qui sont les plus exposées : elles sont à la fois plus au chômage, et elles y restent plus longtemps. Cette tendance n'a pas évolué au cours du quinquennat. Et pour certains publics précis, elle s'est même aggravée.
Les jeunes, objets de toutes les attentions…
Traditionnellement, les moins de 25 ans sont extrêmement vulnérables au chômage. Selon l'Insee, alors que le taux de chômage de la population totale tourne autour de 10 % en 2016, il dépasse généralement le double chez les 15-24 ans. Une situation bien repérée par le gouvernement, qui a multiplié les dispositifs en leur faveur.
Théorisé dès la campagne de François Hollande, le concept des contrats de génération leur était tout destiné : les entreprises de moins de 300 salariés reçoivent une aide financière en échange de l’embauche d’un jeune, assortie du maintien dans l’emploi d’un senior. Mais la carotte de 4 000 euros d’aides annuelles pendant trois ans n’a pas suffi à empêcher le flop. Alors que 500 000 contrats étaient espérés à l’échéance 2017, seuls 40 300 contrats avaient été signés en juillet 2015 (dont les deux tiers pour des jeunes déjà embauchés dans les entreprises concernées).
En revanche, les emplois d’avenir ont fait le plein. Proposés aux jeunes peu ou pas qualifiés, ils permettent d’obtenir un emploi à temps plein de longue durée et incluent un projet de formation, moyennant un gros coup de pouce financier à l’employeur. Efficace : depuis 2012, 300 000 jeunes en ont bénéficié. Même si environ la moitié (et en particulier les femmes) n’a finalement pas eu accès à une formation certifiante, et que nul ne peut dire à quel point ces emplois sont durables, les résultats sont là : sur un an, le nombre de jeunes inscrits à Pôle emploi a baissé de 4,8 %. Mais sur cinq ans, la comparaison reste peu flatteuse pour le pouvoir socialiste : pour la seule catégorie A, 457 700 jeunes étaient au chômage en mai 2012 ; ils étaient 483 600 en octobre 2016. Une hausse de 5 %.
... et les seniors oubliés
Une autre catégorie de la population est presque autant touchée : celle des plus de 50 ans. Mais aucune embellie en vue pour eux. Depuis le début du quinquennat (mais en fait depuis 2009), ils sont toujours plus nombreux à être au chômage (catégories A, B et C), passant de 866 400 en mai 2012 à 1 318 300 en septembre 2016. Une augmentation de 52 % en cinq ans, qui passe sous les radars et n’est l’objet d’aucun discours politique volontariste. Cette donnée mérite pourtant d’être étudiée quand les candidats de droite à la présidentielle prévoient tous de repousser encore l’âge de départ à la retraite. Combien de seniors stagneront à Pôle emploi durant des années en attendant de pouvoir prendre leur retraite sans décote (nous en faisions parler certains ici) ?
Plusieurs facteurs sont venus aggraver la situation des seniors. Depuis 2009, les plus de 57 ans ne sont plus dispensés de recherche d'emploi, et restent donc inscrits. Concomitamment, la réforme des retraites de 2010 a repoussé progressivement l'âge légal de départ à 62 ans, et petit à petit les Français les plus âgés perdant leur emploi s'accumulent sur les listes sans en retrouver. Et peu à peu, le flux des Français partant en préretraite s'est tari dans les années 2000 (31 600 personnes en 2003 selon l'Unedic, seulement 5 200 en 2011), révélant les chiffres dans toute leur crudité.
Les moins bons postes et les moins diplômés en danger
Le saviez-vous ? Le plein emploi existe, et a toujours existé en France. Il concerne les meilleurs emplois, les mieux payés, qui sont aussi les plus sûrs : selon l’Insee, les cadres connaissent un taux de chômage qui se maintient depuis 2003 sous les 5 %, alors qu’il tourne entre 7 et 10 % pour l’ensemble de la population. Les professions intermédiaires, entre les cadres et les employés, sont également protégées, avec un taux de chômage deux fois inférieur à la moyenne. Pour les ouvriers, c’est exactement l’inverse : ils sont 2,5 fois plus exposés au chômage que les cadres.
Cette cruelle inégalité s’observe également lorsqu’on s’intéresse aux diplômes obtenus. En moyenne, quatre ans après être entré sur le marché du travail, un Français a environ 20 % de risque d’être au chômage. S’il est diplômé du supérieur, il a deux fois moins de risque de l’être. Mais s’il n’a pas son bac, son risque d’être au chômage est multiplié par quatre. Et lorsque le chômage augmente, comme depuis 2008, les diplômés du supérieur ne sont quasiment pas impactés, alors que les non-diplômés sont touchés de plein fouet.
Un chômage toujours plus long
Aujourd’hui, le chômage a commencé à baisser timidement. Mais la décrue est lente, très lente. Pour s’en convaincre, un seul chiffre : la durée moyenne de l’ancienneté d’inscription à Pôle emploi. De 468 jours en mai 2012, elle est passée à 579 jours en octobre dernier.
Et tous les chômeurs n’ont pas été logés à la même enseigne par rapport à cette augmentation moyenne : les plus aptes à retrouver un travail ont continué à le faire, rapidement. Depuis le début du quinquennat, leur nombre a augmenté de 14,5 % (pour une hausse moyenne de 25 % du nombre d’inscrits). Les inscrits depuis plus d’un an, eux, ont crû de 43 %. Quant aux inscrits depuis plus de trois ans, leur nombre a explosé de 82 % en quatre ans et demi. L’inégalité devant le chômage est restée une réalité, et est toujours plus vive.
- L’ENTOURLOUPE DU PLAN 500 000 FORMATIONS ?
Forcément, à un an de l’élection, la mesure sentait la manœuvre. En janvier 2016, le président de la République annonçait un effort spectaculaire sur la formation, et un plan d’un milliard d’euros pour financer 500 000 formations pour les demandeurs d’emploi. L’effet quasi immédiat de cette annonce était mécaniquement de vider les catégories A, B et C, mois après mois, et de faire grimper les chiffres de la catégorie D, qui regroupe les demandeurs en formation. Et de fait, les chiffres sont parlants. En octobre 2016, la catégorie D a « accueilli » 324 200 personnes. C’est 46 300 de plus qu’un an auparavant, une hausse en flèche de 16,7 %. Jusqu’en avril, le chiffre naviguait entre 270 000 et 280 000. Il a commencé à monter en puissance au printemps, pour culminer en août à 325 200.
Difficile pourtant de crier à la simple manipulation statistique, tant la formation professionnelle fait consensus lorsqu’il s’agit de lutter efficacement contre le chômage. Les employeurs qui recherchent désespérément des soudeurs, des chaudronniers ou des cuisiniers formés ne diront pas le contraire, et les offres d’emplois non pourvus font toujours mauvais genre en période de chômage de masse, même si ces derniers (le chiffre de 300 000 est très contesté) relèvent aussi de conditions de travail et de salaire dégradées dans les secteurs concernés. Néanmoins, l’éducation et la formation tout au long de la vie constituent toujours un rempart très efficace contre le chômage.
Mais il y a formation… et formation. D’après les économistes que nous avons interrogés, même avec un milliard d’euros supplémentaires, on ne peut pas former correctement 500 000 personnes. La plupart des formations qualifiantes, sésame vers l’emploi, demandent même plusieurs mois. Proposer des formations courtes ou des modules d’un mois – ce qui est la tendance actuellement – est mobilisateur pour les demandeurs d’emploi, très bénéfique même pour remettre en mouvement la « file d’attente », mais peu efficace pour contrer directement le chômage. D'autant que le choix même des formations est inégalitaire : toutes les études montrent que ce sont les demandeurs d'emploi déjà les mieux formés qui accaparent les formations qui permettent le mieux de rebondir.
Selon les différents syndicats de Pôle emploi, les agents, chargés de proposer ces formations aux demandeurs d’emploi, se plaignent même d’une forme « d’hystérie »autour du plan 500 000 formations et une administration qui privilégierait le volume à la qualité. Une politique en forme de « Stop and go » : bridés pendant des années faute de budget, les agents proposeraient maintenant des formations à tout-va, quitte à faire du « remplissage », avec des offres parfois très éloignées des exigences actuelles du marché du travail.
Les syndicats dénoncent également une externalisation des obligations de formation des employeurs, avec un accroissement constant des formations « préalables » au recrutement, qui permettent de faire payer par Pôle emploi les 15 jours nécessaires à une prise de poste chez McDonald's ou SFR…
Enfin, le plan arrive très, ou trop tard. Personne ne peut dire s’il sera pérennisé, puisqu’on ne sait pas qui guidera les politiques publiques en mai prochain. L’ambition formation tournera donc peut-être court, ce qui sera au mieux un gros gaspillage d’argent public, au pire un coup de Trafalgar supplémentaire porté à la lutte contre le chômage.
- HARO SUR LES CHIFFRES DE PÔLE EMPLOI
C’est une petite musique qui monte, qui monte ces derniers mois. Les mesures effectuées chaque mois par Pôle emploi ne seraient pas valables. Depuis plusieurs mois, François Rebsamen, prédécesseur de Myriam El Khomri au poste de ministre du travail, critique publiquement, à longueur d’interview, la « viabilité » de ces données. Le ministre de l’économie Michel Sapin raille quant à lui une « statistique administrative ». Tous deux, comme d’autres et jusqu’à l’Élysée même, plaident pour que l’on retienne d’autres chiffres, ceux qu’ils désignent comme les « vrais chiffres du chômage », à savoir ceux que publie l’Insee tous les trois mois.
On comprend ces appels à prendre en compte seulement l’Insee : le nombre de chômeurs que l'institut mesure en France est aujourd’hui bien inférieur au nombre de ceux qui sont inscrits sur les listes de Pôle emploi. Début 2009, l’Insee en comptabilisait environ 100 000 de moins, et cet écart ne fait que croître : en septembre 2016, Pôle emploi voyait 700 000 chômeurs de plus en France que l'institut.
Comment expliquer ces différences ? Quel est le chiffre le plus fiable ? Pour le comprendre, et savoir pourquoi aucun chiffre ne reflète exactement la réalité, regardez ici le débat vidéo que nous avons enregistré sur ce sujet.
Le premier élément d’explication repose sur les méthodes utilisées. Pôle emploi fournit chaque mois le nombre de chômeurs inscrits dans ses agences, bénéficiant de ses services et devant se soumettre à une série d’obligations (accomplir « des actes positifs et répétés » de recherche d’emploi, accepter les offres raisonnables, se rendre à toute convocation, etc.). Une liste très sensible aux variations de la politique de l’emploi, ou à des données telles que les « cessations d’inscription pour défaut d’actualisation » : quand un demandeur d’emploi oublie un mois de mettre à jour sa situation sur Internet, il est sorti des listes. Ce chiffre oscille entre 167 000 et 276 000 chaque mois, sans explication rationnelle.
L’Insee, de son côté, livre chaque trimestre les résultats d’une enquête, dont la collecte a lieu en continu. En France métropolitaine, environ 100 000 personnes de 15 ans et plus sont interrogées chaque trimestre. L’organisme élabore le taux de chômage « au sens du Bureau international du travail (BIT) », dont les normes font référence un peu partout dans le monde. Ces données permettent donc des comparaisons internationales, ce qui explique qu’elles soient jugées plus utiles par la plupart des chercheurs sur ces questions. En octobre dernier, une commission d’enquête du Sénat portant sur ce sujet précis est parvenue à la même conclusion.
Pour être considéré comme chômeur au sens du BIT, il faut avoir plus de 15 ans et satisfaire à trois critères : ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, au cours de la semaine précédant le questionnaire ; être disponible dans les deux semaines pour travailler ; entreprendre des démarches actives de recherche dans le mois précédent, ou avoir trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.
Cette définition correspond globalement à celle de la catégorie A de Pôle emploi. L’écart entre les données des deux instituts est pourtant en augmentation constante. Pourquoi ? Interrogé en mai 2016 par la commission d’enquête du Sénat, le directeur général de Pôle emploi Jean Bassères a reconnu qu’il ne parvenait pas « à expliciter cette différence de trajectoire ».
En fait, faute de certitudes, il existe de nombreuses hypothèses. Par exemple, les plus de 57 ans qui ne sont plus dispensés de recherche d'emploi sont inscrits à Pôle emploi, mais beaucoup, peut-être plusieurs dizaines ou centaines de milliers, ne chercheraient pas réellement du travail. Ils ne seraient donc pas comptabilisés par l’Insee. D’autres inscrits à Pôle emploi peuvent aussi être découragés, et ne plus avoir accompli un des actes considérés par l’Insee comme faisant office de recherche effective. Par ailleurs, les bénéficiaires du RSA sont généralement incités à s’inscrire à Pôle emploi, alors qu’ils ne sont pas tous en recherche active…
- UNE POLITIQUE QUI A PORTÉ SES FRUITS ?
Un à un, les signaux d'une embellie économique se mettent en place. Au deuxième trimestre 2016, l'Insee a mesuré une création nette d'emplois par l'économie française, pour le cinquième trimestre consécutif. L'emploi continue de croître dans les secteurs marchands et non marchands, avec 32 100 créations nettes. En un an, l'institut statistique dénombre 139 700 créations de poste.
Les services restent la principale locomotive de l'emploi privé, ils créent des emplois de manière continue depuis deux ans. L'intérim connaît lui aussi un fort rebond, dépassant les 600 000 personnes employées pour la première fois depuis mi-2008 (lire notre articlepour comprendre ce que ces chiffres signifient). En revanche, l'industrie se porte toujours aussi mal. Elle perd 9 100 postes sur le trimestre, mais surtout détruit des emplois en continu depuis… début 2001.
Avec ce niveau de création d'emplois, le marché du travail pourrait cette année absorber l'afflux de nouveaux arrivants : l'Insee prévoit 113 000 actifs supplémentaires en 2016 (c'est le nombre d'arrivants, moins le nombre de départs à la retraite). Du côté de Pôle emploi, l'amélioration se vérifie également. Les sorties des listes pour des reprises d'emploi déclarées évoluaient entre 86 000 et 98 000 par mois jusqu'à avril 2015. Depuis, les chiffres décollent, et on dépasse les 100 000 depuis avril 2016, avec une pointe à 112 300 en septembre. Au passage, notons le niveau extrêmement important des fins d'inscription pour non-actualisation de sa situation de la part du demandeur : autour de 200 000 par mois depuis mai 2012, avec des pics fréquents à plus de 230 000 depuis janvier 2016…
Pour le président, il n'y a aucun doute, le redémarrage de l'emploi est de son fait. « Ces résultats sont le fruit de l’action engagée par le gouvernement à travers le Pacte de responsabilité. Car ce sont les entreprises qui créent les emplois », se félicitait-il le mois dernier sur Facebook.
Pour améliorer les choses, Hollande et son gouvernement n'ont pas jugé bon d'explorer d'autres pistes que la baisse des cotisations, l'assouplissement de la réglementation et les aides ciblées sur les jeunes. La ministre du travail explique ainsi que « ce développement de l’emploi salarié témoigne de la confiance retrouvée des entreprises, grâce notamment aux mesures de soutien et d’accélération de la reprise de l’activité mises en place par le gouvernement », comme « le Pacte de responsabilité, le CICE et l’aide embauche PME ».
De son côté, le ministre de l'économie Michel Sapin assure que l'exécutif a fait les bons choix depuis 2013. « C’est utile, ça commence à se voir, en termes d’emplois, en termes de reprise d’investissement. L’économie marchande a créé 120 000 emplois net en un an, et ce n’est pas un hasard, cela prouve que cette politique est efficace », confiait-il au début de l'automne.
Un peu efficace, oui, mais à quel prix ? Au 31 juillet 2016, l'État devait 43 milliards d'euros aux entreprises au titre du CICE. Selon l'OFCE, ces milliards dépensés « auront créé ou sauvegardé 230 000 emplois d’ici à 2017 » (contre 350 000 estimés pour les 35 heures). Des créations d’emploi qui se sont faites au détriment des salaires : le pouvoir d’achat des ménages est toujours inférieur de 350 euros à son niveau de 2010, date qui marque le début des politiques d’austérité. En comparaison, les marges des entreprises se sont envolées, retrouvant les niveaux historiquement hauts du début des années 2000.
Le marché du travail est pourtant loin d'être guéri : en 2007, l'économie française avait créé 262 800 postes, deux fois plus qu'en 2016.
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